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Doom — concerti dal vivo

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À propos Doom

Doom : Quand la musique décide de ralentir et de s'y attarder

Le doom n'est pas d'abord un genre. C'est une relation au temps. Là où la plupart des musiques populaires recherchent l'élan – le mouvement vers l'avant, la libération, l'évasion –, le doom choisit la gravité. Il ralentit le rythme jusqu'à ce que le poids devienne inévitable. La musique doom ne se précipite pas vers la résolution ; elle s'installe dans la tension et la laisse s'installer. Cela s'applique au doom metal, certes, mais aussi au blues, au rock, à l'ambient, au drone et aux musiques expérimentales qui partagent la même impulsion fondamentale : faire durer la pesanteur.

Par essence, le doom se définit par la lenteur, la répétition et la masse émotionnelle. Les tempos sont ralentis, les notes sont tenues et le silence s'étire. Les riffs, les accords ou les motifs se répètent non par commodité, mais pour l'effet produit – chaque cycle renforçant l'impact. Le doom n'est pas une question de surprise ; il est une question d'inévitabilité. On entend ce qui arrive, et pourtant on ne peut l'éviter.

Les racines émotionnelles du doom sont antérieures au metal. Le blues traditionnel, les negro spirituals et les premières musiques folk portaient déjà en eux la sensibilité du doom : la perte exprimée par la répétition, la tristesse laissée à l’air libre. Avec l’avènement de l’amplification, ce poids émotionnel est devenu physique. Le son ne se contentait plus de communiquer le désespoir ; il l’imprégnait dans le corps.

Dans le heavy metal, le moment fondateur du doom est arrivé avec Black Sabbath, dont les compositions lentes et menaçantes ont révolutionné la notion de puissance. Des morceaux comme « Black Sabbath » et « Electric Funeral » ont établi le langage du doom : des riffs graves, une rythmique minimaliste et une atmosphère d’angoisse omniprésente. Mais l’importance de Sabbath ne se limite pas au metal ; ils ont démontré que le tempo lui-même pouvait être terrifiant.

À partir de là, le doom s’est étendu au-delà de ses frontières. Dans le monde du blues-rock, des titres à l’intensité progressive comme « Since I’ve Been Loving You » de Led Zeppelin véhiculaient la logique émotionnelle du doom sans l’étiquette. La souffrance n’est pas criée ; elle est contenue. Le doom devient alors endurance.

En tant que forme de metal explicite, le doom s'est solidifié dans les années 1980 avec des groupes rejetant la vitesse et la virtuosité technique. Candlemass a transformé le doom en un rituel épique, alliant une lenteur écrasante à un drame opératique. Solitude s'apparente moins à une chanson qu'à une chambre où résonne la tristesse. Le doom metal devient alors cérémoniel plutôt qu'agressif.

Mais le doom ne se limite pas au metal. Dans la musique expérimentale et ambient, il se manifeste par une durée sans répit. Les artistes travaillant avec des drones et des sons tenus explorent le même territoire émotionnel. Earth a réduit le metal à une quasi-stase. Des morceaux comme Seven Angels sont moins des compositions que des environnements sonores – un son existant sans urgence. Le doom y est minimal, presque ascétique.

Ce qui unit toute la musique doom, c'est l'acceptation du malaise. Le doom ne résout pas la tristesse, la colère ou l'angoisse. Il les valide en les laissant exister pleinement. C'est pourquoi le doom paraît souvent authentique là où une musique plus rapide ou plus théâtrale peut sembler fuyante. Le doom ne distrait pas – il demeure.

Sur le plan des paroles, le doom gravite autour des thèmes de la perte, du déclin, de la mortalité, de l'épuisement, de l'isolement et du poids existentiel. Mais ces thèmes ne sont pas toujours explicites. Parfois, le doom communique sans aucun mot. Un simple accord prolongé peut en dire plus qu'un couplet entier. Le doom privilégie l'atmosphère à l'explication.

En concert, le doom est immersif et physique. La lenteur amplifie l'impact du volume. Les basses fréquences vibrent plutôt qu'elles ne frappent. Le corps devient partie intégrante de l'écoute. Les concerts de doom ont souvent une dimension rituelle : moins une question de performance que d'endurance partagée. Le temps s'étire. L'attention s'intensifie.

Le doom a influencé d'innombrables genres : sludge, stoner rock, drone, slowcore, post-metal, dark ambient. Même une musique qui évite la distorsion peut véhiculer la logique du doom si elle privilégie la lourdeur au mouvement. Le doom n'est pas une question de distorsion ; c'est un engagement envers la puissance brute.

Le doom perdure car il reflète une vérité que la culture moderne occulte souvent : tout n’a pas besoin d’être réparé, accéléré ou fui. Certaines émotions exigent le silence. Certaines vérités se révèlent lentement. Le doom fait place à ces expériences.

Le doom est une musique qui ne prétend pas que les choses s’amélioreront en trois minutes.

Il n’offre ni rédemption ni libération héroïque.

Il offre une présence.

Et dans cette présence – lourde, lente, inéluctable – le doom révèle sa véritable puissance :

non pas le désespoir comme spectacle, mais la gravité comme vérité.

🎸 Artistes en Doom

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